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LES MALADIES RACINAIRES



Fontes de semis

Les fontes de semis se traduisent par des manques à la levée d’autant plus graves que les conditions climatiques et la préparation du lit de semences s’opposent à une levée rapide. Cela explique qu’elles soient relativement courantes sur les semis précoces de printemps. Elles peuvent être dues à des champignons transmis par la semence (Alternaria dauci, Stemphylium radicinum) ou présents dans le sol (Pythium, Fusarium, Rhizoctonia solani). Les Pythium sont favorisés par des températures fraîches (inférieures à 15°C) et un temps humide. Les optimums de température sont plus élevés dans le cas des Fusarium et de Rhizoctonia solani.

Moyens de lutte :

  • Réaliser l'ensemble des façons culturales dans de bonnes conditions (sol ressuyé) afin d'éviter les problèmes d'asphyxie.
  • Le traitement de semences demeure le seul moyen de lutte.

Maladie de la tache en creux ou « cavity-spot »

La maladie de la tache, aussi appelée cavity-spot, est le principal problème sanitaire qui se manifeste sur les jeunes carottes. Elle dégrade l’épiderme des racines et conduit à des symptômes variables en fonction du stade de la culture au moment de l’attaque :

  • invaginations très fines atteignant le cœur,
  • perturbations de la croissance conduisant à des racines petites et fourchues,
  • taches creuses, fendillements et crevasses,
  • décolorations et cicatrices sur l’épiderme en cas d’attaque tardive.

Cette maladie affecte peu le rendement mais déprécie gravement la qualité visuelle des racines et offre une voie d’entrée à d’autres pathogènes. Les attaques les plus graves sont celles qui ont lieu en début de cycle. Sur grosse carotte, les attaques tardives peuvent aussi être très pénalisantes : éclatement de l’épiderme, racines fourchues et risque important de pourritures secondaires.

La maladie de la tache est due à des attaques de Pythium. Pythium violae est le principal agent incriminé, mais six autres espèces ont été recensées en France et peuvent aussi être impliquées. L’humidité du sol est nécessaire aux Pythium pour contaminer les racines. Des rotations courtes favorisent également ces champignons, qui sont capables de survivre plusieurs années dans le sol en l’absence de plantes-hôtes.

La maladie est fortement liée à la fatigue des sols mais elle peut aussi se manifester dans une parcelle n’ayant jamais porté de carottes. L’excès d’azote, les sols saturés en eau, tassés (sable) ou lourds (argile), sont autant de facteurs aggravants.

Moyens de lutte :

  • Respecter un délai de 5 ans entre deux cultures de carottes, et éviter d’introduire d’autres cultures légumières hôtes dans la rotation, comme les pois ou les épinards.
  • Soigner la préparation de sol en évitant les tassements.
  • Proscrire les parcelles présentant trop de zones d’accumulation d’eau.
  • Raisonner les apports d’azote.
  • En l’absence de variétés résistantes, la lutte chimique reste le moyen le plus efficace contre le cavity-spot. Elle fait essentiellement appel à une matière active, le méfénoxam, et est souvent nécessaire sur jeune carotte. Une protection précoce, après semis, donne les meilleurs résultats. Une irrigation après traitement est indispensable pour faire migrer le produit dans le sol.

Maladie de la bague

Cette maladie peu courante s’exprime essentiellement sur les grosses carottes et les Nantaises récoltées tardivement, à l’automne ou au début de l’hiver. Une tache vitreuse apparaît sur la racine et s’étend de manière transversale pour former un anneau de couleur brun-noir (bague). Cette zone malade constitue une porte d’entrée pour d’autres bactéries et champignons, qui entraînent alors la pourriture de la racine.

La maladie de la bague est due au champignon Phytophtora megasperma. Les contaminations ont souvent lieu durant l’automne, et les lésions s’étendent durant l’hiver car ce champignon est actif dès 8- 10°C. Un automne ou un hiver doux et humide, un sol asphyxié ou compacté sont autant de facteurs favorables à la maladie.

Moyens de lutte :

ce sont sensiblement les mêmes que pour la maladie de la tache.

  • Respecter une rotation de 5 ans minimum.
  • Eviter les tassements de sol, favoriser une bonne structure, cultiver sur un sol bien drainé.
  • Comme pour la maladie de la tache, la lutte chimique fait appel au méfénoxam. Une protection précoce, après semis, donne les meilleurs résultats. Une irrigation après traitement est indispensable pour faire migrer le produit dans le sol.

Rhizoctone violet

Cette maladie peu fréquente concerne essentiellement les grosses carottes, en fin de saison. L’infection débute 30 à 45 jours après la levée, mais les symptômes ne s’observent généralement qu’en septembre. Un feutrage velouté, pourpre ou bleuâtre, forme un manchon sur une partie de la racine. Aucun symptôme n’apparaît sur les feuilles, le champignon évolue uniquement sur les racines.
La maladie est souvent présente par foyers dans la parcelle. Sur le rang, une carotte infectée peut être entourée de racines saines. Le pourcentage de carottes malades est généralement faible mais il nécessite un triage en cas de stockage car les racines malades constituent un foyer primaire de pourriture dans le tas.

Le champignon responsable, Rhizoctonia violacea, colonise le sol sur une grande profondeur et sa persistance est très longue (20 ans). On peut retrouver les mêmes foyers dans une parcelle à 4 ans d’intervalle. De nombreuses cultures peuvent l’héberger (betterave, luzerne, pomme de terre, asperge) ainsi que des adventices (chénopode, liseron, mercuriale, plantain, renouée…).

Moyens de lutte :

  • Eviter l’installation du parasite par une rotation de 5 ans minimum, et en détruisant les plantes malades et les déchets de culture.
  • Drainer et chauler le sol.
  • L’introduction de cultures défavorables au rhizoctone violet, telles que les céréales, le ray-grass et les allium, représente la seule technique de lutte actuellement.

Sclérotiniose

Il y a quelques années encore, la sclérotiniose ou « pourriture blanche » n’était évoquée sur carotte que lors de la conservation. Elle s’est depuis beaucoup étendue et est désormais régulièrement observée au champ, notamment sur grosses carottes. L’infection débute au niveau du collet et de la base des pétioles, et s’étend aux feuilles. Un abondant mycélium blanc et cotonneux se développe, sur lequel se forment des sclérotes blancs puis noirs.

Il arrive aussi que les racines infectées ne présentent pas de symptômes à la récolte, mais que la maladie se développe en cours de stockage.
Le champignon responsable est Sclerotinia sclerotiorum. Il est très polyphage et s’attaque à de nombreuses cultures légumières (céleri, laitue, haricot, pois, choux…) ou non (oléo-protéagineux). Seules les plantes monocotylédones ne sont pas touchées. Il se conserve bien dans le sol grâce à ses sclérotes. Un temps humide et doux favorise les contaminations au champ.

Moyens de lutte :

  • Inclure des céréales ou des graminées fourragères dans la rotation.
  • Eviter les précédents légumineuses, tournesol et colza.
  • Soigner le désherbage.
  • Eviter tout excès de végétation, lié à une trop forte densité ou une fumure azotée trop copieuse (amendements organiques).
  • La lutte chimique est difficile à mettre en œuvre. La lutte biologique est par contre possible. Elle utilise un champignon parasite, Coniothyrium minitans, et doit être raisonnée sur la rotation.

Pourritures racinaires diverses

De nombreux pathogènes dits «de faiblesse» sont responsables de maladies secondaires évoluant généralement en pourriture. Ils s’installent sur les zones de rupture de l’épiderme des racines ou sur de précédentes attaques de champignons, bactéries ou ravageurs. Ces pathogènes peuvent être :

  • des champignons tels que des Fusarium ou des Pythium, mais aussi du sclérotinia et du botrytis ; Rhizoctonia solani et Rhizoctonia carotae peuvent aussi se rencontrer sur les racines développées de grosses carottes, et parfois sur les jeunes carottes implantées après une culture de pomme de terre.
  • des bactéries pectinolytiques comme Erwinia carotovora. Ces attaques bactériennes sont fréquentes en conditions humides. Il y a alors liquéfaction rapide et complète des tissus.

Maladies de conservation

Les maladies de conservation de la grosse carotte font généralement suite à une contamination au champ. Quelques-unes peuvent cependant attaquer les racines saines au cours du stockage. A ce stade, la lutte chimique n’est plus possible.

  • Sclerotinia sclerotiorum  : c’est la principale cause de dégâts sur les grosses carottes conservées en tas ventilé. A partir de points d’infection, un mycélium blanc et cotonneux, d’abord aéré puis dense, s’étend rapidement à la surface des racines. Des sclérotes apparaissent ensuite sur les carottes malades. Les tissus infectés sont très mous mais ne se décolorent pas.
  • Mycocentrospora acerina  : problème numéro un en carotte de frais, cette maladie est également préoccupante en carotte d’industrie. La contamination a généralement lieu au moment de la récolte car le champignon est présent à la surface du sol, au collet et sur les feuilles. Il pénètre par le haut ou le bas de la racine et se développe au niveau du cœur. Les tissus attaqués deviennent noirs, humides et mous.
  • Taches noires limitées  : ces symptômes, présents au champ mais peu marqués, évoluent en cours de stockage et dégradent la qualité des racines. Ils sont principalement dus à Stemphylium radicinum.
  • Rhizoctonia carotae provoque de petites lésions en creux, noires et sèches, recouvertes par un mycélium blanc cotonneux. Dans les cas les plus sévères, le cortex de la racine se liquéfie et dégage une odeur caractéristique de caramel.
  • Botrytis cinerea se manifeste par une pourriture molle et brune, recouverte d’un mycélium gris.