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Pois > LES MALADIES DU SOL

LES MALADIES DU SOL

Fontes de semis

Les fontes de semis se traduisent par la disparition de plantules, de la levée au stade 2-3 nœuds. Elles sont dues à différents champignons (Pythium, Fusarium, Ascochyta, Phoma…) et se développent principalement en conditions humides et froides (températures inférieures à 10°C), entraînant une levée lente. L’asphyxie du système racinaire et la battance sont également des facteurs propices aux fontes de semis.

Moyens de lutte :

  • Pratiquer une rotation de 5 ans entre deux légumineuses (pois, haricot, luzerne…).
  • Eviter les semis trop précoces.
  • Réaliser l'ensemble des façons culturales dans de bonnes conditions afin d'éviter les problèmes d'asphyxie.
  • Le traitement de semences, réalisé systématiquement, demeure le seul moyen de lutte.


Nécroses racinaires

Les maladies du sol sont causées par différents champignons. Ces champignons agissent seuls ou associés, simultanément ou en se succédant. Peu à peu, ils affaiblissent le système racinaire et la croissance des plantes se ralentit. Des plages jaunissantes apparaissent alors dans les parcelles, de taille plus ou moins grande. La totalité de la parcelle est rarement atteinte. Plus les attaques du système racinaire sont précoces, plus elles sont graves.

Deux contextes se distinguent :

  • le complexe classique, aussi appelé «pied noir»,
  • Aphanomyces euteiches, auquel s’associe la plupart du temps le complexe classique.

Le complexe classique ou « pied noir »

Les dégâts sur le système aérien restent souvent discrets jusqu’à la floraison des pois. Sur le collet des plantes, des nécroses d’abord présentes sous forme de traits de plume s’élargissent et progressent en profondeur. Au fur et à mesure de l’extension des lésions, le système racinaire devient déficient, les plantes ont des difficultés à s’alimenter.

Des foyers de plantes jaunissantes et chétives apparaissent, entraînant échaudage, blocage du développement et perte de rendement et de qualité.
Deux champignons sont principalement en cause : Fusarium solani et Phoma medicaginis var. pinodella (aussi appelé Ascochyta pinodella). Ils se sont développés depuis fort longtemps dans les anciennes zones de culture du pois, en affectant les parcelles les plus sollicitées. D’autres champignons tels que les Phythium sp., Rhizoctonia solani ou Ascochyta pinodes peuvent également s’associer à ce complexe.
Les zones de production traditionnelles (Bretagne, Nord-Picardie, Centre) sont les régions principalement touchées. La maladie s’exprime en premier lieu sur les parcelles compactées, ressuyant mal, et/ou à rotation trop courte, incluant éventuellement d'autres légumineuses. Les excès de pluviométrie sont également propices à l’expression des symptômes.

Moyens de lutte :

  • Travailler la terre en conditions ressuyées, notamment en sol argileux et limoneux.
  • Effectuer un sous-solage en cas de matraquage du sol.
  • Respecter une rotation de 5 ans entre deux légumineuses (pois, haricot, luzerne…).
  • Evaluer le risque par un test de sol (à réaliser plusieurs mois avant le semis).
  • Le traitement de semences est le seul moyen de lutte chimique. Il assure une protection partielle non négligeable.

Aphanomyces euteiches

Souvent associé aux champignons précédents, Aphanomyces euteiches n'a véritablement été identifié qu'à partir de 1993.
Particulièrement virulent au stade précoce de la culture, il est en pleine phase d'expansion.

Les premiers symptômes visibles se caractérisent par des jaunissements de plantes qui apparaissent par foyers. Ils sont précédés par l’apparition de lésions molles, translucides puis couleur «café au lait», sur le collet et les radicelles des plantes, autour du stade 5-6 feuilles. Les tissus sont atteints profondément. Par la suite, l'installation d'autres champignons saprophytes masque bien souvent l'origine de la première attaque. La majeure partie des plantes atteintes meurt avant de produire des gousses.

Les zones de production anciennes (Bretagne, Nord-Picardie, Centre) sont les régions principalement touchées par Aphanomyces. Comme pour le pied noir, la maladie s’exprime surtout sur les parcelles ressuyant mal, à mauvaise structure de sol et à rotations courtes. Les attaques sont plus marquées lorsque la pluviométrie est importante d’avril à juin. Le rôle des autres légumineuses (haricot, luzerne, trèfle, féverole) dans le maintien ou l'aggravation de la maladie varie suivant les espèces.

Moyens de lutte et perspectives d'avenir

En l’absence de toute solution chimique, la lutte culturale constitue le seul recours :

  • Respecter une rotation de 5 ans entre deux légumineuses (pois, haricot, luzerne…). Allonger ce délai à 10 ans en cas d’attaque d’Aphanomyces.
  • Evaluer le risque par un test de sol en cas de doute (à réaliser plusieurs mois avant le semis).
  • Effectuer un sous-solage en cas de sol tassé.
  • Limiter la stagnation d’eau dans les parcelles. Drainer si besoin. Eviter les mouillères.
  • Travailler la terre en conditions ressuyées, limiter au maximum le compactage du sol.